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Trouver des dates de concert quand on est indépendant

Sans tourneur, c'est à toi de démarcher salles et programmateurs. Où commencer, quoi envoyer, comment relancer et comment être payé dans les règles.

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Sans tourneur, trouver des concerts repose sur trois choses : viser les bons lieux pour ton niveau, envoyer une proposition claire à la bonne personne, et relancer avec régularité. Ce n'est pas une question de chance. Voici la méthode, de la première scène locale jusqu'aux aspects administratifs pour être payé correctement en France.

Viser les bons lieux selon ton étape

Un programmateur de salle de 500 places ne prendra pas un artiste qui n'a jamais rempli un bar. Construis ton parcours par paliers.

ÉtapeLieux à viserCe qu'on attend de toi
DébutsScènes ouvertes, bars-concerts, cafés-cultures, soirées étudiantesUn set rodé de 30 à 45 minutes, quelques amis dans la salle
DéveloppementPetites salles, premières parties, fêtes de la musique, festivals locauxUne vidéo live, un public local, une actualité (sortie)
StructurationSalles de musiques actuelles (SMAC), tremplins, festivals régionauxUn projet cohérent, des chiffres de fréquentation, souvent un entourage pro

Avant de démarcher un lieu, va y voir un ou deux concerts. Tu verras quel style il programme, la jauge réelle, comment fonctionne la soirée et qui s'occupe du son. Tu pourras aussi te présenter en personne, ce qui vaut souvent plus qu'un mail.

Les SMAC et les réseaux régionaux de musiques actuelles proposent aussi des dispositifs d'accompagnement (résidences, repérages, tremplins). L'IRMA publie des ressources et des annuaires utiles pour les repérer.

Préparer ta proposition

Un programmateur reçoit beaucoup de demandes. Il doit comprendre en une minute qui tu es, ce que ça donne sur scène et pourquoi ça marcherait chez lui.

  • Ton EPK : bio courte, photos, liens d'écoute et surtout une vidéo live, même filmée simplement. C'est souvent ce qu'un programmateur regarde en premier. Si tu n'as pas encore de dossier, lis pourquoi un EPK est indispensable.
  • Ta fiche technique : nombre de musiciens, instruments, besoins en micros et retours, matériel que tu apportes, durée d'installation.
  • Un plan de scène simple, même dessiné à la main puis scanné.
  • Tes arguments concrets : un public local (combien de personnes tu peux raisonnablement faire venir), une sortie à défendre, des dates déjà faites.

Avec un EPK en ligne, tu envoies un seul lien qui contient tout cela, plutôt que cinq pièces jointes.

Trouver la bonne personne et écrire le bon message

Cherche le nom du programmateur ou de la programmatrice (site du lieu, page « contact », réseaux sociaux, ou tout simplement en demandant au bar). Une adresse générale « contact@ » finit souvent sans réponse.

Ton message tient en quelques lignes :

  1. Qui tu es, en une phrase (style, ville, actualité).
  2. Pourquoi ce lieu : tu as vu sa programmation, tu cites un artiste proche du tien qu'il a accueilli.
  3. Ta demande précise : une date en première partie, ou une soirée sur une période donnée (« entre mars et mai »).
  4. Le lien vers ton EPK et ta vidéo live.

La logique est la même que pour un mail de pitch aux médias : personnalisé, court, avec un seul lien principal. Les lieux programment souvent plusieurs mois à l'avance, alors démarche tôt.

Relancer sans harceler

Une relance après deux semaines environ est normale. Une deuxième, un mois plus tard, avec une nouvelle info (une sortie, une date confirmée ailleurs). Ensuite, passe à autre chose et recontacte le lieu à ta prochaine actualité. Tiens un tableau : lieu, contact, date d'envoi, relances, réponse.

Les autres portes d'entrée

  • Les premières parties : écris directement aux artistes de ta région un peu plus avancés que toi, ou à leur entourage. C'est l'un des meilleurs moyens de jouer devant un nouveau public.
  • Les plateaux partagés : monte toi-même une soirée avec deux autres artistes, chacun ramène son public. Les lieux acceptent plus facilement une soirée « clé en main ».
  • Les tremplins et concours : ils donnent de la visibilité auprès de professionnels, parfois des dates ou de l'accompagnement à la clé. Lis bien le règlement (droits, cession, frais d'inscription).
  • Les lieux non dédiés : médiathèques, librairies, salons, concerts chez l'habitant. Attention, l'organisateur doit alors te déclarer correctement (voir plus bas).
  • Ta propre communauté : une liste d'emails remplie de gens de ta ville est un argument fort auprès d'un lieu. C'est l'intérêt de construire une newsletter.

Être payé dans les règles

Clarifie tout avant la date, par écrit : rémunération (cachet fixe, pourcentage de la billetterie, ou les deux), défraiement (transport, repas, hébergement), qui gère la billetterie et la communication, horaires de balance et de passage.

La présomption de salariat

En France, un artiste payé pour se produire est présumé salarié (article L7121-3 du Code du travail). Concrètement, il y a deux schémas courants :

  • L'organisateur te salarie directement en te versant un cachet déclaré. Si son activité principale n'est pas le spectacle (bar, restaurant, mairie, association non spécialisée, particulier), il passe par le GUSO, le guichet unique qui simplifie les déclarations et cotisations.
  • Ta structure lui vend le concert : ton association ou ta société signe un contrat de cession avec l'organisateur, puis te salarie. C'est le schéma habituel avec les salles et les festivals.

Le « chapeau » ou le paiement en liquide non déclaré te prive de droits sociaux et expose l'organisateur. Les cachets déclarés comptent aussi pour l'ouverture de droits à l'intermittence : renseigne-toi auprès de France Travail sur les conditions en vigueur.

La Sacem et la setlist

Les droits d'auteur liés à la diffusion de la musique en concert sont payés par l'organisateur à la Sacem. Si tu joues tes propres compositions et que tu es membre, déclare ta setlist après chaque concert : c'est ce qui permet de te reverser des droits. Le fonctionnement est détaillé dans notre article sur la déclaration de tes morceaux à la Sacem.

Questions fréquentes

Combien de temps à l'avance faut-il démarcher une salle ?

Souvent trois à six mois pour une salle ou un festival, parfois davantage pour les festivals d'été. Les bars et petits lieux programment plus vite, parfois quelques semaines avant.

Faut-il accepter de jouer gratuitement ?

Une scène ouverte ou un tremplin, oui, ça fait partie de l'apprentissage. Pour un concert où le lieu vend des billets ou des consommations grâce à toi, une rémunération déclarée est la règle.

Qu'est-ce qu'une fiche technique ?

C'est un document d'une ou deux pages qui liste ta formation, tes besoins en son et en lumière, ton matériel et ton plan de scène. Elle permet au lieu de savoir s'il peut t'accueillir.

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